Papillon d'altitude.

 

 

 

Peu farouche, orangé et feu,

 

Ephémères envols gracieux,

 

Par les cimes glacées attiré

 

Découvrit bien-être en ces lieux élevés.

 

 

 

De rivières en plaines,

 

Chrysalide souveraine en lui endormie,

 

Luttant, ménageant sa peine,

 

Tardant à quitter sa léthargie.

 

 

 

Par trop de rigidité enveloppé,

 

Le manteau de soie vint à se fissurer.

 

Par ses pairs étroitement enfermé,

 

Se vit affublé d’ailes atrophiées.

 

 

 

Confondu par ces tiers de ne savoir point voler,

 

De nier l’herbe verte, de vivre étouffé,

 

Par trop de contraintes, convaincu mais désespéré,

 

Déploya ses courtes ailes pâlement azurées

 

 

 

Transporté par tant de beauté,

 

Pétales d’argent, se mit à dénombrer

 

A la recherche de racines,

 

Finalement converti par Dame Carline.

 

 

 

Par tant d'ébats et de fougue étourdis,

 

Ses congénères en ces lieux ne l’ont suivi,

 

Privé de lumière, reclus d’ennui,

 

Contraint au silence et à l’oubli.

 

 

 

Fragile insecte menacé par son temps de vie,

 

Releva la tête, clamant son envie

 

S’est chargé de transmettre avec éclat

 

Le bon sens des ancêtres, les merveilles d’ici-bas.

 

 

 

Peut-être qu’un jour, l’histoire nous le dira,

 

Imprégné d’amour, le papillon d’altitude s’envolera,

 

Inondé par la plénitude dans l’onde d’en haut,

 

Libéré de ses servitudes, dans l’azur, son joyau.

 

 

 

 

 

©Philippe Grimard (05 avril 2009)