La dix-neuvième couronne (La mutation)

 

Depuis peu conscient de son insignifiance au sein de l’univers,

 

Contemplant, impuissant, le déclin de sa résilience à cuisants revers,

 

Imbu de ses certitudes, l’homme subit, à coup d’espèces, son désert,

 

Contraint de réécrire cet interlude inédit, sans gamme, sans vers.

 

 

 

Alors qu’en nos vertes contrées règle et isolement étaient de rigueur,

 

Arrogants citadins s’arrogeaient le droit d’en risquer le bénéfice,

 

Foulant et souillant en indisciplinés troupeaux,

 

L’environnement acheté qui leur fait défaut.

 

 

 

A l’image de nos futaies résineuses par le scolyte affaiblies,

 

Hectares et collines que tracteurs-tronçonneuses désertifient,

 

Les pouvoirs s’agitent en mille azimuts, paroles à double veste,

 

Déclinant, chaque jour, leurs décomptes funestes,

 

Perfusions de médias au chevet de nos vies.

 

 

 

Urgence est de trouver remède

 

Aux enfants perdant leurs naturels élans,

 

Tenir à honorable distanciation,

 

Ce mutant exerçant bras de fer contre l’humanité,

 

Au profit d’un individualisme inoculé,

 

Virus caché en phase d’incubation.

 

 

 

Distillez, de notre terre, toute la sève !

 

Connectez l’intelligence de vos racines ramifiées,

 

Et nous verrons naître en une nouvelle année,

 

La chance de vivre au milieu de mille beautés.

 

 

 

Prémices d'autant de vœux de Noël envolés,

 

En ce jour prime flocons sont nés,

 

Messagers d’espoir prêts à éclore,

 

Avenir lumineux scintillant de boréales aurores.

 

 

 

©Philippe Grimard (28 décembre 2020)