La dix-neuvième couronne (Retour à la normale... ou presque)

  

Après le long engourdissement du confinement d’hiver

 

Salutations inattendues

 

Au détour des Dolimarts, Pic noir hors son territoire

 

Pic Épeiche perché à l’entrée du Coré

 

Coucou en émoi dans le bosquet de mélèzes,

 

Pic vert au taquet près des sorbiers renaissants

 

Passereaux en pagaille,

 

Buse en extase au haut du sceau de Salomon.

 

Tout semble se remettre au vert.

 

 

 

Chevreuils étonnés d’à nouveau entendre

 

Les aboiements de leurs cousins du nord

 

A hue et à dia le silence de nos forêts pourfendre

 

Hordes citadines transférant leur confort,

 

Pour juste y croire, dans un étranger décors

 

Détroussant nos villages de leurs derniers trésors.

 

 

 

Certains bailleurs de gîte en cupides efforts

 

Remplissant leur escarcelle

 

Se plaignant de leur triste sort

 

A l’insu des règles, au mépris du commun essor.

 

 

 

Pourtant, l’arbre séculaire ne s’y trompe pas.

 

Le muguet s’était déjà fait attendre,

 

Dame Digitale, reine du mois de juin,

 

Emblème pourpre de nos luxuriants chemins,

 

N’a toujours pas daigné arborer ses royales clochettes

 

Judicieuses et majestueuse prudence

 

Ou, de la 19ème couronne, la conséquence ?

 

 

 

Les rhizomes de la vie se réveillent

 

Entaillés par le tranchant des laboratoires,

 

Nos enfants portent désormais les noirs stigmates

 

De ces inconscients se réclamant d’un quelconque divin,

 

Armes et outils traditionnels du suprême pouvoir.

 

 

 Après cette cure d’individualisme inoculé,

 

Tous connectés par un même tissu ligneux,

 

Versons une subtile essence de chlorophylle réparatrice

 

Dans les veines de nos chérubins,

 

Irrigant ainsi, d’un élixir novateur

 

Les reconstructeurs lucides de notre monde de demain.

 

 

 

©Philippe Grimard (02 juin 2021)

 (La 19ème couronne 3ème volet)